L'instabilité antérieure de l'épaule se manifeste par des luxations à répétition, souvent déclenchées par un geste anodin. La butée de Latarjet est la technique de référence pour stabiliser définitivement l'épaule et permettre la reprise des activités sportives.
Une luxation de l'épaule survient quand la tête humérale sort brutalement de la glène, la cavité de l'omoplate. Le premier épisode est souvent traumatique — chute, choc sportif. Mais chez les sujets jeunes, le risque de récidive est très élevé : plus de 70% chez les moins de 25 ans.
Chaque luxation abîme les structures stabilisatrices de l'épaule : le bourrelet glénoïdien (lésion de Bankart), les ligaments gléno-huméraux, et parfois l'os de la glène lui-même (encoche osseuse). Ces dégâts s'accumulent et rendent l'instabilité de plus en plus facile à provoquer.
À terme, certains patients luxent leur épaule en levant le bras, en dormant ou lors d'un mouvement simple. Cette instabilité chronique est invalidante, douloureuse, et nécessite une prise en charge chirurgicale.
La chirurgie est indiquée dès la 2ème ou 3ème luxation, ou d'emblée chez un sportif de haut niveau après un premier épisode. Plus l'intervention est réalisée tôt, moins les dégâts osseux sont importants.
La technique de Latarjet consiste à transférer l'apophyse coracoïde (une saillie osseuse de l'omoplate) sur le bord antérieur de la glène, là où l'os a été érodé par les luxations répétées. Ce transfert osseux crée une butée mécanique qui empêche la tête humérale de partir vers l'avant.
L'efficacité de la butée de Latarjet repose sur un double mécanisme : l'effet butée osseuse et l'effet hamac du tendon conjoint, qui renforce les structures antérieures de l'épaule lors des mouvements à risque.
L'intervention dure 40 à 50 minutes, sous anesthésie locorégionale, en ambulatoire. Le bras est immobilisé dans une attelle ou écharpe pendant 15 jours à 3 semaines selon l'évolution.
La butée osseuse consolide en 6 à 8 semaines. Une radiographie de contrôle à 6 semaines confirme la bonne intégration du greffon. Les vis de fixation (résorbables ou métalliques) ne nécessitent généralement pas d'ablation.
Le DAS — Dynamic Anterior Stabilization — est une technique arthroscopique de stabilisation de l'épaule instable, développée comme alternative à la butée de Latarjet dans certaines indications spécifiques.
Le principe est biomécanique et original : le tendon du long biceps, structure naturellement présente dans l'épaule, est détaché de son insertion humérale et réancré directement sur le bord antérieur de la glène, en passant à travers le tendon subscapulaire. Ce trajet singulier crée une sangle active qui s'oppose au déplacement antérieur de la tête humérale lors des mouvements à risque de luxation.
L'ensemble de la procédure est réalisé entièrement sous arthroscopie, sans aucune incision chirurgicale majeure — uniquement 3 à 4 mini-incisions de quelques millimètres. Il n'y a pas de transfert osseux, pas d'implant métallique visible sur les radiographies.
Le Docteur Ginot a réalisé les premières interventions de DAS à Saint-Grégoire, avec des résultats très encourageants : bonne stabilité dynamique retrouvée, récupération rapide et reprise sportive facilitée. Le DAS constitue une alternative sérieuse et élégante au Latarjet dans les instabilités sans perte osseuse significative.
Le choix entre butée de Latarjet et DAS est décidé en consultation, après analyse précise des lésions par IRM et scanner 3D, du profil du patient et de ses objectifs sportifs.
Le tendon du long biceps est détaché de son insertion sur le tubercule supraglénoïdien.
Il est réacheminé à travers le tendon subscapulaire, créant un trajet unique qui traverse la barrière antérieure naturelle de l'épaule.
Il est fixé par une ancre sur le bord antérieur de la glène, créant une sangle antérieure stable qui s'oppose au déplacement de la tête humérale.
Tout cela sans ouvrir l'articulation — uniquement sous arthroscopie, en ambulatoire.
DAS — Indiqué pour les instabilités antérieures sans perte osseuse glénoïdienne significative. Technique entièrement arthroscopique, récupération rapide, pas de cicatrice visible. Alternative élégante chez les sujets jeunes et sportifs.
Latarjet — Référence en cas de perte osseuse glénoïdienne ou d'instabilité sévère récidivante avec dégâts osseux importants. Double effet mécanique (butée) et ligamentaire (hamac du tendon conjoint). Taux de succès > 95% à long terme.
La décision est prise individuellement en consultation, après analyse complète par IRM et scanner 3D.
Premier rendez-vous avec le Docteur Ginot. Évaluation clinique, fin de l'attelle si l'évolution est favorable. Début de la mobilisation active avec le kinésithérapeute de l'ILO.
Évaluation complète des mobilités et de la force musculaire. Validation de la reprise sportive : natation, vélo, sports sans contact d'emblée. Pour les sports de contact (rugby, handball, judo, sports de combat) la reprise est décidée lors de cette consultation après examen clinique et fonctionnel.
Les interventions pour instabilité de l'épaule (Latarjet, DAS) sont fiables et bien codifiées. Les complications restent rares lorsqu'elles sont réalisées par un chirurgien expérimenté.
La butée osseuse peut ne pas fusionner parfaitement avec la glène, entraînant une instabilité résiduelle. Rare, favorisée par le tabagisme. Surveillance radiologique à 6 semaines.
Nerf à proximité de la coracoïde lors du Latarjet. Engourdissement transitoire du bord externe de l'avant-bras dans de rares cas, le plus souvent réversible.
Rare (~0,5%). Prévenue par l'antibioprophylaxie peropératoire et les soins de cicatrice.
Limitation des mobilités post-opératoire, prévenue par une rééducation précoce avec les kinés de l'ILO.
Moins de 5% avec le Latarjet à long terme. Plus de données en cours d'acquisition pour le DAS, dont les résultats initiaux à Saint-Grégoire sont très encourageants.
Migration ou irritation par les vis de fixation dans de rares cas. L'ablation du matériel est possible si nécessaire.
Ces complications vous seront détaillées lors de la consultation pré-opératoire. Un document d'information vous sera remis. La décision chirurgicale est toujours prise conjointement, après analyse du rapport bénéfice/risque propre à votre situation.
Chaque luxation abîme un peu plus les structures de l'épaule. Consultez le Docteur Ginot pour un bilan et une prise en charge adaptée.
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